Anthéor sans son viaduc ? Inimaginable !
Voici donc l’histoire de cet ouvrage d’art.

Le viaduc ferroviaire d’Anthéor est une conséquence du référendum de 1860 consacrant le rattachement du « Comté de Nice » (territoire correspondant environ à l’arrondissement de Nice d’aujourd’hui) à la France. Ce rattachement devant être concrétisé au plus vite, il fut décidé de prolonger jusqu’à Nice la voie ferrée de Paris, Lyon, Marseille, dont le terminus était alors Les Arcs en Provence.

La traversée du massif de l’Estérel posa des problèmes très importants : franchissement de ravins, creusement de tranchées dans la montagne, percement de tunnels, construction de ponts (dont certains en biais…), etc.

ponts Corniche sur la voie ferrée

 

Le franchissement du ravin (ou vallon) d’Antéore, comme on l’écrivait à l’époque, fut résolu par la construction d’un ouvrage d’art monumental.

Sa construction dura deux ans : de 1860 à 1862. Le matériel, les hommes et les matériaux furent acheminés depuis Saint-Raphaël par une piste empierrée empruntant le chemin des douaniers, en bord de mer.

Viaduc d'Antéore
Avant 1906. La future Corniche d’Or n’est qu’un chemin pierreux.

 

Sa conception fut confiée à l’ingénieur Charles Bardal, qui réalisa aussi le viaduc de Bandol et celui de La Rague à La Napoule, auxquels il ressemble.

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Le viaduc de Bandol

 

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Le viaduc de La Rague (La Napoule)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Version 2
Le viaduc d’Anthéor

Le viaduc se compose de 8 piles soutenant 9 arches de 10 mètres d’ouverture. La voie est à 25 mètres au-dessus de la route. Il mesure 173 mètres de long.

 

Le viaduc fait l’objet d’une surveillance constante. Des travaux lourds sont parfois indispensables. Ceux de 1937 ont modifié sa physionomie originelle.

Le rapide sur le viaduc
Avant 1937 : pas de refuges, pas de tirants
entre 1937 et 44
Après 1937 : les refuges et les tirants ont été installés

 

Les refuges et tirants sont particulièrement visibles sur cette photo récente.

 

Les travaux de 1964-66 ont effacé presque toutes les traces de la guerre. Sauf la particularité ci-dessous :

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Ces 3 piles sont toutes différentes. Seule celle du milieu est d’origine. Celle de gauche est plus épaisse car reconstruite après un bombardement allié de 1943. Celle de droite fut détruite le 15 août 1944 lors du Débarquement. Son parement de briques est différent.

Le viaduc est en courbe et, pour cette raison, subit des contraintes transversales importantes (force centrifuge). C’est pourquoi des tirants ont été posés pour maintenir sa rigidité. La vitesse y est limitée à 90 km/h.

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La courbure du viaduc d’Anthéor

 

Les locomotives d’après-guerre 141R, américaines au fuel livrées dans le cadre du Plan Marshall, étaient construites sur un châssis soudé d’une pièce, de grande longueur, qui fit subir de fortes contraintes au viaduc en courbe.

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Locomotive américaine 141R en tête du Train Bleu – années 50 – ©MD

 

La 3ème pile (côté est) porte une plaque commémorative du débarquement (lien).

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Depuis la Fête de la Lumière 2013 le viaduc est éclairé du coucher du soleil à minuit par des projecteurs multicolores changeant de couleur chaque seconde. Cette installation très originale serait due à la générosité d’un habitant d’Anthéor.

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L’illumination du viaduc d’Anthéor

La gare d’Anthéor-Cap-Roux a été construite en 1932 et a été partiellement financée par des habitants eux-mêmes sous forme de cessions de terrains.

 

Interrompu pendant la guerre, le service de la gare a repris après et assurait toutes les fonctions : billets, colis, circulation des trains. L’exploitation a cessé au début des années 60.

La plupart des Trains Express Régionaux (TER) s’arrête à Anthéor.

Horaires : http://www.ter.sncf.com/paca/horaires/recherche